





PAR OLIVIER DUFOURG
dunkerque@lavoixdunord.fr PHOTO « LA VOIX »
Les compagnies pétrolières contrôlent-elles les marchés du pétrole ?
É. G. : « Il y a encore quelques années, peu de gens auraient été capables de donner le coût du baril de pétrole brut. Aujourd'hui, tout le monde le sait. Seulement, la réaction des gens, qui est de penser que les compagnies pétrolières du monde contrôlent effectivement les marchés, est complètement erronée. Nous ne contrôlons en fait que 15 % de la production et 10 % des réserves, le reste concernant les pays producteurs comme la Russie, qui contrôlent les hydrocarbures via leurs sociétés nationales (...) Le contrôle de la disponibilité et des prix n'appartient pas aux compagnies pétrolières, il dépend de la loi de l'offre et de la demande. » Comment expliquer une telle hausse du baril de pétrole brut ?
É. G. : « Elle est la combinaison de trois facteurs : une demande mondiale qui explose, notamment en Chine et en Inde, et qui n'a pas été anticipée une capacité de production qui n'est pas suffisante puis, à un niveau moindre, intervient l'aspect spéculation (...) Aujourd'hui, la production effectuée est légèrement supérieure à la demande, mais il suffit que des perturbations surviennent dans la zone où le pétrole est produit pour que les prix augmentent très vite. Le prix du brut, c'est vrai, est excessif, mais il ne faut pas se faire d'illusion : il est durablement cher. » Total en général, et le site de Mardyck en particulier, tirent-ils profit de cette hausse ?
É. G. : « Encore une fois, beaucoup se disent que si le prix du pétrole augmente, alors les résultats de compagnies comme Total augmentent. C'est inexact. Aujourd'hui, les activités pétrolières et para-pétrolières coûtent de plus en plus cher et nous avons par exemple subi une inflation monstrueuse sur les coûts techniques (...) En matière d'environnement, ensuite, les normes européennes nous imposent des investissements, ce qui représente là encore des charges très lourdes, soit une dizaine de millions d'euros. Tous ces coûts grèvent la rentabilité d'une raffinerie. »
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