













Le professeur Christian Noël insiste sur la nécessité d'un dépistage précoce d'une maladie souvent silencieuse.PHOTO S. MORTAGNE : La Voix du Nord - Pourquoi avoir mis en place depuis trois ans une semaine du rein ?
« Parce que la maladie rénale chronique est un problème qui progresse de 6 % par an dans notre pays. Trois millions de personnes sont concernées soit un Français sur vingt. Plus de 55 000 patients sont traités pour insuffisance rénale terminale, 35 000 par dialyse, 20 000 par transplantation. Dans le Nord - Pas-de-Calais, 2 700 patients sont dialysés, 1 400 ont bénéficié d'une greffe de rein. Nous réalisons au CHRU de Lille 130 greffes par an mais 220 malades sont sur liste d'attente. » - Pourquoi mettre l'accent sur le dépistage ?
« Les maladies rénales ne présentent souvent aucun signe ou symptôme spécifiques. Elles sont silencieuses. Résultat : plus du tiers des patients sont adressés à un néphrologue trop tardivement, moins de six mois avant leur mise en dialyse. Il faut donc développer le dépistage le plus tôt possible pour les personnes à risques c'est-à-dire les patients diabétiques, hypertendus, ou ceux ayant des antécédents familiaux de maladie rénale, enfin les seniors. Au-delà de 60 ans, 30 % des individus ont perdu au moins le tiers de leur fonction rénale. » - Quels sont les moyens de dépistage ?
« Il existe trois méthodes simples : la prise de sang, la mesure régulière de la tension artérielle, le test par bandelette urinaire. Le rein est un filtre, si l'on trouve des protéines dans les urines, c'est que le filtre n'est pas bon. » - Quels conseils de prévention donner pour protéger la santé de ses reins ?
« Les règles sont les mêmes que pour éviter les maladies cardio-vasculaires et métaboliques : avoir une alimentation équilibrée afin d'éviter le surpoids et l'excès de cholestérol, ne pas manger trop salé car le sel favorise l'hypertension qui abîme les reins, ne pas fumer, pratiquer une activité physique pour lutter contre la sédentarité, éviter l'automédication : les anti-inflammatoires non stéroïdiens, y compris l'aspirine peuvent être toxiques pour les reins. Il faut aussi être vigilant quant à l'abus de laxatifs ou de diurétiques et se méfier des régimes hyper-protéinés. » - Quand la dialyse devient indispensable, quelles en sont les contraintes ?
« La dialyse consiste à épurer le sang des déchets toxiques et de l'eau retenue en excès du fait de l'arrêt du fonctionnement des reins. Dans neuf cas sur dix, on retient la technique de l'hémodialyse. Les patients doivent se rendre trois fois par semaine dans un service spécialisé pour y subir des séances de quatre à six heures. C'est un traitement physiquement éprouvant qui bouleverse les conditions d'existence, peut remettre en cause la possibilité d'étudier ou de travailler, voyages et vacances deviennent des casse-tête... sans parler d'une demande d'emprunt à une banque. »
PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE SERRA
> La semaine du rein est organisée en partenariat avec Nephronor, l'association des néphrologues de la région, et la FNAIR, fédération nationale d'aide aux insuffisants rénaux.
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