





region@lavoixdunord.fr PHOTO ARCHIVES JEAN-CHARLES BAYON
Éric Jouen a entendu Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, lancer : « Je souhaite que l'on vérifie notamment l'état des nappes phréatiques situées près de toutes les centrales nucléaires françaises (...) pour ne pas que les gens aient le sentiment que l'on cache la moindre chose. » Cette annonce fait suite à la découverte de la présence d'uranium, sans doute ancien et d'origine militaire, dans des nappes phréatiques près de l'usine de retraitement sur le site nucléaire du Tricastin (dans les départements de la Drôme et du Vaucluse).
Le directeur de la centrale de Gravelines estime que le site n'est pas directement concerné. La plus puissante centrale nucléaire d'Europe de l'Ouest ne produit pas d'uranium et n'en retraite pas.
On en trouve, certes, mais sous la forme de « petites pastilles très dures, enfermées dans des gaines en inox ». « C'est exclu d'en rejeter, à Gravelines comme dans toutes les autres centrales. » Par ailleurs, il n'existe pas de nappe phréatique sous la centrale ou à proximité. « On trouve de l'eau saumâtre, mélange d'eau douce et d'eau de mer, à quelques mètres de profondeur, et que l'on n'utilise pas. » Cette « eau souterraine » fait l'objet de contrôles. « Nous sommes soumis à un arrêté ministériel. La surveillance se fait par l'intermédiaire de huit piézomètres (1) : six sur le site de la centrale, deux à l'extérieur. Tous les mois, dans ces huit points de captage, nous prélevons de l'eau que nous analysons. Nous recherchons trois éléments : le cobalt, le césium et le tritium. Nous ne dépassons pas les limites imposées et nous sommes même juste au niveau du seuil de détection. Nous envoyons aussi des échantillons à l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) pour qu'il les analyse. Les résultats, les nôtres comme les siens, sont rendus publics. » M. Jouen indique que la centrale est construite « dans une enceinte étanche en béton ». Nécessaire au moment de sa construction dans les années quatre-vingt pour se protéger des arrivées d'eau, cette enceinte retiendrait une éventuelle pollution liquide qui surviendrait à l'intérieur du site.
Pour le moment, le directeur n'est pas officiellement averti de cette volonté ministérielle de faire vérifier les nappes phréatiques. Toutefois, un tel contrôle ne constituerait « pas un scoop ». Comme il le rappelle, de telles analyses, mensuelles, existent « depuis des années ».
De son côté, Antoine Bousseau, directeur de la Lyonnaise des eaux à Dunkerque, indique qu'« il n'existe aucun lien physique » entre les eaux souterraines près de la centrale de Gravelines et le champ captant d'eau potable de Houlle-Moulle, près de Saint-Omer. À la fois en raison de la distance - une petite trentaine de kilomètres - et de l'altitude - les champs captants se situent en hauteur par rapport au bord de la mer.
Houlle-Moulle alimente en eau potable toute la région dunkerquoise et gravelinoise grâce à près de 1 500 kilomètres de tuyaux. Ce réseau est entretenu par la Lyonnaise pour le compte du Syndicat mixte d'alimentation en eau de la région dunkerquoise (SMAERD).
1. - Tubes qui, depuis la surface, permettent d'accéder à l'eau d'une nappe phréatique.
Soyez le premier à donner votre avis