





PAR LAURENT BREYE
region@lavoixdunord.fr PHOTO DIDIER CRASNAULT
« Au maximum quelques centaines, jusqu'à 900 l'an dernier, le plus souvent entre 100 et 200... » À l'instar de ce ressortissant belge, pincé le 13 février au poste frontière de Saint-Aybert par la division des douanes de Valenciennes avec 150 flacons de parfums contrefaits dans sa voiture. Convoqué jeudi dernier devant le tribunal correctionnel de la ville, il en est ressorti condamné à trois mois de prison avec sursis et une ribambelle de dommages et intérêts à régler à une ribambelle de grandes marques. Mais là, de mémoire de douanier, « c'est du jamais vu ».
Nombre de flacons saisis ? « 58 448 », ont comptabilisé les services de Franck Lacroix, chef de la division valenciennoise. Soit 21 tonnes, reparties sur 20 palettes dans la remorque d'un camion frigorifique immatriculé au Maroc. Pour une valeur totale estimée à plus de 3,6 millions d'euros.
C'est d'ailleurs ça qui leur a mis la puce à l'oreille, aux agents de Bercy, le 18 juin. Un camion frigorifique en provenance de Tanger, et transportant des palettes de parfum ! Ça, et le fait que la société destinataire de la marchandise, en Belgique, ait refusé de réceptionner la cargaison. Aux dires du chauffeur contrôlé « à l'improviste » sur l'autoroute A2, au point de passage entre les deux pays. « On a d'abord découvert une première rangée de palettes de parfums. Des vrais, ceux-là. On a trouvé ça bizarre. Dans ces cas-là, on pousse jusqu'au bout, pour voir toutes les palettes. » Au total, près de 75 000 flacons dans les entrailles du 38 tonnes. Ignorant ce qu'il transportait, le conducteur, un Marocain, a été mis hors de cause.
Exhumés, des produits dont les noms et le packaging en rappellent étrangement d'autres, effluves stars des publicités sur papier glacé. « My flowers by Keno », pour Flower by Kenzo. « Arrimage » et « Organzaï » », déformations des célèbres Amarige et Organza de Givenchy. La fragrance Angel, distillée par Thierry Mugler, se voyant affublée d'une terminaison en « a ». On y trouve même des « Jean-Paul Gantier » !
« À partir de ce moment-là, on immobilise le véhicule pendant dix jours et le service judiciaire national des douanes informe les marques déposées de nos soupçons de contrefaçon », détaille Franck Lacroix. Résultat, celles-ci ont décidé d'engager des poursuites à hauteur de la découverte que l'on sait. « Exceptionnelle », insistent des fonctionnaires valenciennois. Plus habitués à faire dans le textile et la chaussure contrefaits à cet endroit de la frontière que dans l'eau de toilette...
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