





> Kad Merad et Guy Lecluyse, héros de « Bienvenue chez les Ch'tis », sont en tournage au Cap. Nous sommes allés à leur rencontre.
> Portrait de Guy Lecluyse, 46 ans, comédien originaire de Tourcoing, « bouffon » de profession et pape du « gobage » de Flamby.
> La fréquentation du film de Dany Boon se tasse, mais « Titanic » est toujours en ligne de mire.
PAR CHRISTOPHE CARON
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PHOTO « LA VOIX » Ça fait drôle de s'entendre dire « Bonjour tertous ! » à 9 000 km du premier beffroi... Mais il assume, Guy Lecluyse : « Je suis un gagman. Un vrai bouffon. C'est comme ça. » À la sympathie naturelle qui émane de son imposante corpulence, Guy Lecluyse a désormais ajouté l'assurance. S'il fréquente actuellement les studios du Cap, en Afrique du Sud, c'est pour tourner Safari, la nouvelle comédie grand public et gros budget de Pathé, l'heureux distributeur de Bienvenue chez les Ch'tis.
Aaaah, les Ch'tis... « C'est pendant le tournage du film de Dany que Kad m'a parlé du projet de son complice Olivier Baroux. Avec Kad, on se connaissait depuis vingt ans pour avoir fréquenté les mêmes cours de théâtre, à Paris. » Fort logiquement, le rôle (même second) de Yann Vandernoout, postier barbu, collègue de Dany Boon et syndicaliste à « chud », change le destin de Guy. Le téléphone sonne de manière plus franche. « J'ai déjà eu plusieurs propositions dans la foulée des "Ch'tis". L'effet est net. Pas forcément des comédies. Des gens séduits par le grand écart entre les Ch'tis et MR 73 (le polar crépusculaire de son ami Olivier Marchal, avec Auteuil). » Quant au phénomène Ch'tis... « Je me suis fait surprendre, comme tout le monde. La magie a opéré. Mais ne me demandez pas pourquoi. Je n'aime pas qu'on cherche à décortiquer un tour de magie. » Une suite ? « On serait partants, évidemment. Mais à mon avis, il ne faut plus y toucher, à ce film. C'est une perle. Il faut la laisser dans la vitrine. »
Guy Lecluyse a d'autres projets. Le Missionnaire, une production Luc Besson, écrite par Jean-Marie Bigard. Et les planches, en janvier 2009, dans une pièce tirée de L'Été en pente douce.
Bref, les choses s'accélèrent pour cet homme du Nord qui dès l'âge de trois ans faisait le pitre sur la table du salon familial à Tourcoing. Un grand-père ouvrier du textile. Une grand-mère gérante de « café-dîneur », où « on pouvait apporter son manger », dans la cité du Broutteux. Une mère au foyer (cinq enfants) et un père employé dans les assurances, mais « artiste refoulé ». Un séjour au collège du Sacré-Coeur et un passage au lycée Jean-XXIII (sans bac à la clé) ne le dissuadent pas de se lancer dans sa véritable passion : devenir comédien. À 19 ans, il monte à Paris, rencontre l'humoriste Pascal Sellem avec lequel il monte le spectacle Nous, on sème au Petit Casino. « On devait rester trois mois. Ça a duré cinq ans. » En 1988, Guy Lecluyse est repéré par Stéphane Collaro. Un pied à la télé : Y a-t-il encore un Coco dans le show ?, La Classe (en duo avec Jean-François Derec, où il invente le « gobage« des yaourts Flamby !) et une kyrielle de voix off chez Thierry Beccaro ou Marie-Ange Nardi (Qui est qui ?). En 2001, c'est au tour d'Olivier Marchal (« Mon parrain au cinéma ») de lui faire confiance, avec Gangsters, puis 36 Quai des Orfèvres. Guy Lecluyse, c'est aussi l'homme qui imite l'aboiement de chien sans bouger les lèvres... « Certains m'ont dit qu'avec un tel CV, j'étais grillé... Mais je ne crache pas dans la soupe. J'ai fait du populaire. Il n'y a rien de pire que se prendre une tôle avec un gag pourri. C'est vraiment dur de se creuser les méninges pour dérider le public.
» Pas d'amertume. Juste la satisfaction d'être récompensé pour son travail, persuadé qu'il lui reste beaucoup à apprendre « au hasard des rencontres ». En attendant, Guy garde la tête froide. Et revient régulièrement dans le Nord où sa famille réside encore, de Roncq à Hazebrouck.
Sans oublier les virées sur la plage de Sainte-Cécile, avec sa femme qui y a des attaches, et ses deux grands garçons. Son souhait ? « Entendre un jour : "Papy, il était dans "Bienvenue chez les Ch'tis". »
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