





Samedi, la façade des Aubaines, en Basse Ville, deviendra une immense toile d'art urbain. : La Voix du Nord Pendant dix jours, un vent de « fresh attitude » devrait semer l'art urbain dans le Dunkerquois. Pour ses 10 ans, le festival de l'association Throw Up est plus que jamais motivé par l'envie d'exprimer son art dans la ville. « Notre objectif est de donner une autre vision du "graff", précise Sébastien Cantegrel, président de l'association. Réussir à l'intégrer en ville. » Car le « graff », fresque murale, pâtit de l'image négative que laisse le « tag », simple signature le plus souvent inesthétique, sur un mur. « Nous faisons de l'art urbain mais nous avons une mauvaise image, reconnaît le président de Throw Up. Le principal est de faire quelque chose de joli. Le "graff" existe depuis trente ans, mais on n'en parle jamais. Ce n'est pas une mode mais un art, un art de vivre, avec une convivialité entre graffeurs, toute une culture derrière. C'est accessible à tous. »
Mais où trouver des murs à « graffer » ? Le message semble avoir été entendu par la ville de Dunkerque, qui en a attribué trois à l'association, en amont du festival Fresh Attitude. Un geste qui rentre dans le cadre de la politique de rénovation urbaine, avec un accent sur la colorisation des immeubles.
Habitants du quartier et graffeurs se sont rencontrés voilà quinze jours pour dessiner les contours du projet. « La beauté artistique des "graffs" a mis les graffeurs au rang qu'ils méritent, estime Karima Mahroug, adjointe chargée des cultures urbaines à la ville de Dunkerque.
L'opération a été imaginée dans ce cadre. Mêler rénovation urbaine et culture urbaine, voilà un mélange détonant et un beau pari. Les habitants étaient emballés. Sur la question du "graff", ce que demandent les artistes, ce sont des murs. Il faut absolument que le débat se pose autrement. Au-delà des concessions, comment peut-on imaginer des graffeurs passeurs d'art ? » Tout en préparant quelques interventions au Méridien pour démocratiser leur art, les graffeurs dunkerquois dévoileront dès demain leur palette colorée sur les trois murs mis à leur disposition. « Sonic et Ink76, deux graffeurs new-yorkais, des précurseurs, seront avec nous : ils pourraient être mon père et ils graffent toujours !, s'enthousiasme Sébastien Cantegrel. Vendredi, on commencera par un mur rue Albert-I er. Samedi, place à la façade des Aubaines, en Basse Ville, qui sera flashy. La semaine suivante, nous travaillerons rue de la Cunette avant le Fresh Attitude à Coudekerque-Branche : 800 m sur 3 m de haut, avec des graffeurs venus du monde entier !
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OLIVIER TARTART
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